25 octobre 2009
Du rôle du professeur
Un super texte sur l'Education Nationale :
« Wesh Professeur », faut qu’on te parle, on a passé nos vies à écouter tes conneries et à t’obéir en fermant nos gueules, tu vas bien nous écouter cinq minutes à ton tour.
Source : http://la-sulfateuse.blogspot.com/
02 octobre 2009
Le quotidien au lycée : enfermement et soumission
Article paru dans Le Monde Libertaire n°1566 (1er au 7 octobre 2009) et dans No Pasaran n°76 (oct.-nov. 2009)
Le quotidien au lycée : enfermement et soumission
« L’école est une prison », clame Catherine Baker*. Ces mots peuvent prêter à sourir. Pourtant, il s’agit bien d’une privation de liberté, autant physique qu’intellectuelle.
Cette année, j’ai effectué ma rentrée dans un nouveau lycée. Etant loin de chez moi et sans ressources financières, je suis donc interne dans ce bunker (murs de 2,5m, caméras de surveillances, gardiens … etc).
Chaque matin, à 7h, la lumière criarde des néons suspendus au plafond de la chambre (16m2 pour 4 personnes) me réveille. Je vais ensuite prendre ma douche (froide) dans une cabine de piscine puis prendre mon petit-déjeuner. Un petit pain, un morceau de beurre fade, un bol d’un café infect et un minuscule gobelet de jus de fruit. Voilà mon premier « repas » de la journée. La sonnerie, une sirène incendie, nous ordonne de rentrer en cours. Nous devons laisser à l’entrée de la classe nos pensées, nos discussions et notre dignité afin d’être totalement réceptifs pour assimiler les valeurs du travail intensif et de la concurrence entre nous. La carotte (les bonnes notes) et le bâton (les sanctions) sont appliqués avec volontarisme par des professeurs plus ou moins zélés.
La journée s’écoule ainsi, sonnerie assourdissante puis cours lobotomisant, entrecoupés par le repas de midi, mélange de légumes en plastique et de viande en carton, le tout dans une odeur nauséabonde.
Le soir venu, nous avons la « liberté » d’aller acheter des sodas au hard-discount situé à proximité.
La soirée à l’internat n’est qu’une interminable attente. Nous restons allongés, catatoniques, sur nos lits, fixant les lézardes du plafond en écoutant les dernières merdes musicales. Puis vient l’heure du diner, des restes de midi réchauffés. Suite à ce festin, quelques jeunes jouent au foot, pratique encouragée avec vigueur par l’administration scolaire. En effet, quand on est occupé par le sport, on risque moins de réfléchir à nos conditions d’existence … Pour les autres, l’attente continue, jusqu’à la fermeture automatique et centralisée des volets et de la lumière. Toute évasion, même par la pensée, nous est interdite. La nuit s’écoule, dans notre petit lits, jusqu’au lendemain, ou tout recommence.
Soumission, enfermement et déshumanisation sont les maitres mots de ce quotidien. Après tout, nous sommes à l’école afin de devenir de braves employés serviles et mal payés, pas pour vivre heureux.
Fabien Bon, Lycéen
*Insoumission à l'école obligatoire, éd. Bernard Barrault
20 mars 2009
La soumission obligatoire dans l’éducation nationale.
Cet article est paru dans Le Monde Libertaire du 18 juin 2009 (n°1561 sous le titre "Soumission lycéenne")
Pourquoi un adulte ne pourrait-il pas dialoguer sérieusement avec un enfant sur des questions d’ordre général telles que la politique, le logement ou encore la santé ? Dans son livre Insoumission à l’école obligatoire, Catherine Baker affirme que « l’enfance est une création de l’esprit et non une donnée de fait comme par exemple la jeunesse […] : l’enfant est, au mieux , un adulte miniature. » Pour elle l’enfance à été inventée afin de permettre à l’adulte d’exercer sa possession sur l’enfant, sa création. Comme le petit de l’animal, l’enfant appartient à ses parents tant qu’ils le nourrissent. « Te nourrir, c’est te donner la vie, ça vaut bien que tu te soumettes à ce que nous attendons de toi » ironise Catherine Baker. D’ailleurs un enfant que l’on dit « bien élevé » est un enfant qui se plie à toutes les exigences de ses parents et des autres adultes qui représentent pour lui l’autorité. C’est un travail constant de défaire les préjugés sociaux qui séparent monde des enfants et monde des adultes, monde des élèves et monde des professeurs.
La soumission obligatoire, c’est toute la sage obéissance que doit adopter l’élève vis-à-vis de l’autorité (professeurs, surveillants) avec un recours régulier à la punition. Ce qui est le plus révoltant, c’est cette sacro-sainte loi qui dit que l’adulte a toujours raison et qui ordonne de ne jamais répondre au professeur/surveillant. Cette obligation de ne pas discuter l’ordre est véritablement révoltante.
Dans l’enceinte scolaire, le rapport de soumission est vécu par l’élève face à son professeur mais aussi par le professeur face à son proviseur.
Il n’est nul besoin de relations hiérarchiques pour transmettre un savoir, c’est pour cela que les lycéens et les collégiens doivent se battre pour instaurer de nouveaux rapports entre eux et les professeurs/surveillants.
Fabien Bon
09 janvier 2008
Notre avenir n’est pas une marchandise !
Après la scandaleuse loi LRU, qui imposait la privatisation rampante des universités et réservait son accès exclusivement aux plus riches, le gouvernement poursuit sa casse de l’Education Nationale. En effet, pour continuer à démanteler l’école publique, les élèves des lycées professionnels font une fois encore les frais des politiques gouvernementales.
Avec la suppression programmée des BEP, les élèves qui pouvaient obtenir un véritable diplôme seront forcés d’aller en CAP ou en apprentissage, ou les petits boulots précaires se succéderont les uns aux autres, inlassablement. Seuls les élèves les plus favorisés socialement, une petite poignée, pourront obtenir un Bac pro et ainsi pouvoir continuer leurs études. De plus, cette suppression programmée des BEP s’accompagne d’une suppression de 25% des postes de professeurs. Notre gouvernement instaure là une école à deux vitesses, en opposition avec les principes mêmes de la république.
A Millau, les lycéens se sont mobilisés et continueront à lutter pour défendre leur droit à un avenir. Notre avenir n’est pas une marchandise ! La jeunesse est l’avenir de notre pays, si rien n’est fait pour assurer son avenir, qu’adviendra t’il de celui de la France ?
Fabien Bon, directeur du journal La Gauche Verte

